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Two Lovers de James Gray

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Voici mon top 10 des meilleurs films sortis au québec entre janvier et fin décembre 2009.

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1-Two Lovers de James Gray

2-Revolutionary Road de Sam Mendes

3-Je me Souviens de André Forcier

4-Drag Me to Hell de Sam Raimi

5-Entre les Murs de Laurent Cantet

6-The Road de John Hillcoat

7-Inglorious Basterds de Quentin Tarantino

8-Whatever Works de Woody Allen

9-The Imaginarium of Doctor Parnassus de Terry Gilliam

10-A Serious Man de Joel Coen

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11-Ponyo de Hayao Miyazaki

James Gray (Two Lovers) et Sam Mendes (Revolutionary Road) sont les deux réalisateurs qui m'ont le plus touché cette année. Sans excès, et avec beaucoup de finesse et d'intelligence, ils ont réussis à aborder la complexité des rapports hommes/femmes sans prendre parti. Et c'est bouleversant de justesse, tant sur le plan de l'interprétation que de l'écriture. 

L'année 2009 aura également permis le retour en force de deux grands réalisateurs qui n'ont pas eu la vie facile ces dernières années, j'ai nommé le weirdo québécois André Forcier, et le britannique illuminé Terry Gilliam. Je me Souviens et The Imaginarium of Dr Parnassus constituent leur oeuvre la plus aboutie depuis des lustres. Et ça fait plaisir à voir.  Sinon, il y a eu le retour de cette espèce de fou furieux de Sam Raimi au genre qui l'a lancé il y a des années, le film d'horreur cartoonesque.  Drag Me to Hell est l’un des films les plus jouissifs de son auteur, et nous rappelle l’époque bénie de son Evil Dead.  2009 est aussi l'année des valeurs sûres (Tarantino, Woody Allen, Joel Coen, Miyazaki) qui, même s'ils n'ont pas su livrer d'oeuvre suffisamment puissante pour transcender leur filmographie, ont tout de même réussi à livrer des opus sacrément solides.

Pour finir, mes surprises de l'année m'ont été données par Laurent Cantet et John Hillcoat, deux réalisateurs que je ne connaissais que par leur nom. Je suis sorti de leur film complètement traumatisé par le réalisme et la puissance d'un cinéma quasi direct qui, même s'il ne réinvente rien, arrive à te sortir de ta zone de confort. Entre les Murs est une adaptation du livre de Fredéric Bégaudeau, mettant en vedette Bégaudeau lui-même dans son propre rôle de professeur de lettre au sein d’une classe multiethnique difficile de Paris.  Cette « reconstitution d’événements vécus » mettant en vedette le principal concerné apporte une force documentaire indéniable.  The Road (film sur la survie post-apocalyptique avec Viggo Mortenssen, et tiré du livre de Cormac McCarthy) propose une approche très différente, plus fictive, mais avec cette même caméra d’observation en retrait de l’action (qui réussi même à éviter le piège de la "sur-stylisation" d'une caméra à l'épaule).  Tout est dans la retenue.  Et cette façon de filmer renforcit cette impression crasse d’être un voyeur, et paradoxalement t’immerge complètement.  Ce n'est pas révolutionnaire comme procédé, mais cela prouve que la subtilité fontionne encore.  Il faut dire qu'avec un scénario traitant de survie au jour le jour, pas de danger de faire une crevaison scénaristique.  Tu sors de tels films en te demandant pourquoi tu t'écrases aussi souvent dans une salle de cinoche au lieu de lutter ton quotidien (autant sur le plan physique que psychologique). Le cinéma sert à ça aussi. Survivre à l'apocalypse dans The Road et enseigner à l’intérieur d’une école française difficile dans Entre les Murs a eu le même impact émotionnel sur moi, aussi différent que ses films puissent être. C'est tout dire. Pour moi c'est clair, ce sont deux films de survie qui te gardent rivé à ton siège du début à la fin pour ensuite te donner l’inspiration de te lever.  Mais vraiment! 

P.s. : Je n'ai pas mis Avatar dans la liste, car ce retour inespéré de James Cameron (après une pause de 12 ans) ne m'a pas pleinement convaincu (mis à part à l’échelle du divertissement, ainsi que sur le plan technologique). L'oeuvre de Cameron est très forte lorsqu'elle explore la culture des Na'vi et leur planète, mais devient un peu trop grasse quand l'artillerie lourde des humains fait son entrée. Ça devient manichéen à l'extrême. Dommage. Quand c'est gras, il y a souvent risque d'indigestion. Pour ma part, mon estomac n’a pas tenu le coup jusqu’à la fin.  Avatar rejoint True Lies dans la très courte liste des films les moins convaincants de Cameron.

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Et vous, quel est votre top de l'année?